Le sel est le ferment de l'esprit, les mots, son plat.
Un très beau texte de Charles Péguy.
Oserais-je dire sur notre raison d'être ? Je ne crains point
le courroux de l'infini.
Charles Péguy (1873-1914) entre à l'École
Normale Supérieure où Bergson fut l'un de ses
professeurs.
Très
tôt, ses prises de position déroutent : croyant, il
critique l'Eglise catholique, socialiste, il s'oppose au pacifisme
et à l'internationalisme de la gauche, et nationaliste, il
ne rejoint jamais la classe bourgeoise.
En 1900, il
crée sa propre revue, « Cahiers de la
quinzaine » qui représente un témoignage
inégalé sur la vie intellectuelle de
l'époque.
Si Charles Péguy s'était
éloigné de la religion, la menace allemande lui
révèle l'existence d'un "mal universel" et le
rapproche de la foi.
En effet, outre ses essais philosophiques, il est l'auteur de deux
oeuvres consacrées à Jeanne d'Arc (Jeanne d'Arc et
Mystère de la charité de Jeanne d'Arc), et de
poèmes oratoires d'un grand mysticisme, tel
« Eve », vaste fresque poétique en
l'honneur des soldats morts au
combat.
Le poète, un des plus grands, meurt en 1914, la veille de la bataille de la Marne.
***
La mort n'est rien,
Je suis seulement passé,
Dans la pièce à
côté.
Je suis moi.
Vous êtes
vous.
Ce que
j'étais pour vous,
Je le suis toujours.
Donnez-moi le
nom que vous m'avez toujours donné,
Parlez-moi comme
vous l'avez toujours fait.
N'employez pas
un ton différent,
Ne prenez pas un
air solennel ou triste.
Continuez
à rire de ce qui nous faisait rire
ensemble.
Priez,
souriez,
Pensez à moi,
Priez pour
moi.
Que mon nom soit
prononcé à la maison
Comme il l'a toujours été,
Sans emphase
d'aucune sorte,
Sans une trace
d'ombre.
La vie signifie
tout ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas
coupé.
Pourquoi
serais-je hors de vos pensées,
Simplement parce
que je suis hors de votre vue
?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté
du chemin.
Merci CLAUDE, pour le poème mais aussi
pour la petite histoire qui situe Charles PEGUY
















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